Notre association utilise la plus grande diversité possible d'espèces d'arbres et de buissons pour reconstituer la ripisylve. Les espèces principales que nous plantons sont: le frêne, l'aulne glutineux, le saule blanc, l'érable sycomore et le cerisier à grappes pour les arbres; pour les buissons nous utilisons surtout la viorne obier, le fusain, le troëne commun et le cornouiller sanguin. Bien entendu, les espèces citées ne sont que les principales.
Malheureusement certaines de ces espèces sont victimes de maladies plus ou moins graves: nous parleront surtout de deux maladies qui touchent les deux espèces les plus employées lors de nos chantiers de reboisement:
le FRÊNE COMMUN (fraxinus excelsior) et l'AULNE GLUTINEUX (alnus glutinosa). La proportion de frênes plantés par notre association est de 20% environ; elle est de 15 à 18% pour l'aulne glutineux. Depuis 1993, une maladie provoquée par un champignon du nom de PHYTOPHTHORA ALNI s'attaquant exclusivement à l'aulne glutineux n'a cessé de se répandre à travers toute l'europe à partir de l'Angleterre: elle touche la majorité des cours d'eau, notamment en Lorraine. Elle se répand essentiellement par l'eau. La proportion moyenne d'arbres atteints est d'environ 20%.
Quant au frêne commun, une nouvelle maladie, provoquée encore une fois par un champignon, est en train d'arriver chez nous depuis les pays de l'est où elle sévit depuis le début des années 2000 (jusqu'à 80% de mortalité dans certaines régions de Pologne): il s'agit du CHALARA FRAXINEA caractérisée par le dessechement des jeunes rameaux provoquant une descente de cime. Elle se répand par les aires et touche même les arbres isolés, ce qui la rend encore plus redoutable que la maladie de l'aulne. Dans les deux ans qui viennent nous seront fixés sur l'ampleur du phénomène apparu dans le Jura en 2008.
Concernant les autres espèces d'arbres, et de buissons des maladies existent mais dans des proportions qui n'ont rien à voir avec les deux que nous venons de citer, pour l'instant en tout cas. La mondialisation de tout ou presque, y compris des micro-organismes ainsi que les changements climatiques semblent constituer des facteurs favorables à l'émergence de ces nouvelles maladies dévastatrices.
A défaut de pouvoir lutter efficacement contre ces fléaux, il reste simplement la meilleure des préventions: planter en diversifiant au maximum les espèces employées pour ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier et freiner la propagation de ces nouveaux parasites dans les boisements situés en zone inondable.
Les ripisylves ont un rôle fondamental pour la préservation de la biodiversité, la protection des sols et des eaux de surfaces. Dans les années à venir, il faut accroitre leur surface de façon significative. Deux dossiers sont visibles en format PDF en cliquant sur les liens AULNE GLUTINEUX et FRENE COMMUN .
La maladie du frêne étant encore peu connue les informations la concernant sont encore maigres pour le moment; pour le frêne j'ai selectionné un article belge et pour l'aulne le dossier de l'Agence de l'eau Rhin-Meuse qui est très complet et très bien fait.
N'hésite pas à me contacter si vous êtes amenés à constater des dépérissements suspects dans vos plantations: je transmettrai l'information aux spécialistes de l'INRA qui s'occupent du suivi de ces maladies.
Bonne lecture à tous.
Willy DELATTRE.